Publié le 10/10/2026

Maison des gouverneurs – Mayotte

Ancienne demeure des administrateurs de Mayotte durant l’époque coloniale, la maison des gouverneurs résume l’histoire contemporaine de « l’île aux parfums ». C’est sur le rocher de Dzaoudzi, situé sur l’île de Petite-Terre, que le pouvoir français s’est installé en 1843, deux ans après l’achat de Mayotte au sultan Adriantsoly. Les Français commencent par bâtir une caserne, un hôpital, une chapelle, une prison… et la maison du gouverneur. Le lieu n’est pas choisi au hasard. Le siège du pouvoir colonial est érigé sur l’ancien palais du sultan, le pangahari, modeste palais en vérité puisqu’il était constitué de palissades en cocotier et de cases en raphia. Symboliquement, le gouverneur remplace le sultan, d’où le nom de « sultan blanc » donné aux premiers administrateurs. Reconstruite en 1891-1892 dans une architecture d’inspiration créole, cette « maison » repose sur une ossature métallique fabriquée par les ateliers d’Armand Moisant, rival de Gustave Eiffel, et bénéficie d’un système ingénieux de ventilation naturelle. Avec deux étages entourés de galeries, d’un escalier à double volée, devant lequel trônent trois vieux canons rappelant la puissance de l’administration, l’édifice est gravement endommagé par le cyclone de 1953. L’abandon de la maison du gouverneur accompagne le glissement du pouvoir vers la ville de Mamoudzou où s’installe la préfecture en 1987. Depuis, l’édifice s’est considérablement dégradé, en proie aux intempéries et surtout aux termites. Classé monument historique en 2015, propriété de la collectivité territoriale de Mayotte, il devrait être rénové pour devenir le Musée de l’île aux parfums. Si le Loto du patrimoine a apporté 500 000 euros à l’entreprise en 2023, les travaux ont été repoussés à la suite du cyclone de décembre 2024 qui a ravagé l’île et conduit à réviser la liste des priorités.