Publié le 21/09/2026

TABARIN 1584 – 1626

Né à Verdun vers 1584, Antoine Girard monte à Paris où il fait la connaissance d’acrobates milanais auprès desquels il apprend l’art de la comédie et avec qui il parcourt la France. Il se crée alors un alter ego théâtral : Tabarin, un valet espiègle qui tire son surnom de son manteau italien, le tabarro. Il complète ce costume d’un masque grotesque à grosses moustaches et d’un grand « chapeau récréatif », auquel il donne toutes sortes de formes.

Vers 1618, Antoine Girard s’associe avec son frère Philippe, docteur en médecine, pour vendre des onguents et des pommades. Ils dressent leur tréteau à proximité du Pont-Neuf, où la foule déambule parmi les artisans, charlatans et baladins. Pour attirer le chaland, les deux frères improvisent des dialogues comiques où Tabarin pose des questions saugrenues à son maître, le savant monsieur de Mondor. Ces devinettes (« Qμi fut créé le premier : l’homme ou la barbe ? », « Comment faire cinquante paires de souliers en une demi-heure ?», « Quelle est la chose la plus pesante du monde ? ») laissent le maître perplexe, et son valet y répond par des solutions absurdes ou satiriques, souvent grossières mais pleines de verve.

Certains soirs, ils présentent également de courtes farces inspirées de la commedia grossières mais pleines de verve. Certains soirs, ils présentent également de courtes farces inspirées de la commedia dell’arte : aux côtés de Tabarin, son épouse, la danseuse romaine Vittoria Bianca, joue le rôle de la rusée Francisquine, tandis que son frère incarne le fanfaron Rodomont. Leur succès est tel que les Parisiens de toutes conditions se pressent chaque jour autour de leur estrade. La troupe est même invitée à jouer devant la reine mère, Marie de Médicis.

En 1623, les frères Girard quittent la scène et acquièrent, grâce à leurs gains, une demeure seigneuriale près de Sens. Après leur départ de Paris, une anthologie de leurs textes de scène est publiée à leur insu et s’écoule à vingt mille exemplaires. Victime, dit-on, d’un guet-apens tendu par des voisins jaloux, Antoine Girard meurt le 27 novembre 1626. Le souvenir de ses facéties lui survivra et exercera une influence notable sur La Fontaine et Molière.