Publié le 25/08/2026

Faire revivre Mossoul

Mossoul – al-mawsil – signifie « le point de liaison » en arabe.
Pendant des milliers d’années, cette ville irakienne a été un pont entre le nord, le sud, l’est et l’ouest, un creuset de cultures diverses où les groupes ethniques, linguistiques et religieux coexistaient en paix. Cette diversité se reflétait dans le riche patrimoine de la ville, où les bâtiments mêlaient des éléments d’architecture et d’arts décoratifs islamiques et chrétiens nestoriens.
C’est parce que Mossoul était si singulière, si multiculturelle, qu’elle a été envahie par Daech en juin 2014. Au cours des trois années d’occupation de la ville, puis de la bataille pour sa libération en 2017, la vieille ville a été détruite à 80 %.

En 2018, l’UNESCO a lancé l’initiative « Faire revivre l’esprit de Mossoul », la campagne de reconstruction la plus ambitieuse jamais menée directement par l’Organisation. Cette initiative repose sur trois piliers, le patrimoine, la vie culturelle et l’éducation, en tant que moteurs essentiels du redressement de Mossoul.
En mobilisant 115 millions de dollars et 15 partenaires, l’UNESCO a réhabilité 124 maisons historiques, rénové 404 salles de classe et créé plus de 7 700 emplois locaux, tout en soutenant le rétablissement de la vie culturelle et intellectuelle de Mossoul. L’Organisation a reconstruit le couvent de Notre-Dame de l’Heure,
l’église Al-Tahira, ainsi que l’emblématique mosquée Al-Nouri et son minaret Al-Hadba.
Les ouvriers ont terminé la reconstruction du minaret en décembre 2024. Connue sous le nom d’Al-Hadba, ou « le bossu », cette tour de 45 mètres de haut veille à
nouveau sur la ville.
La reconstruction par l’UNESCO s’est achevée en février 2025. En redonnant à Mossoul son « esprit », l’Organisation a démontré que le multilatéralisme et la coopération internationale pouvaient être tournés vers l’action, concrète et porteuse de résultats.
Aujourd’hui, Mossoul redevient le phare d’espérance qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, illustrant comment l’on peut reconstruire par le pouvoir de la culture et de l’éducation – en Iraq comme ailleurs.